Celà devait être juste après le "Bing-Bang".Lorsque le vent faisait ondulé les blés,quand les graines s'échappaient et allaient au gré des vents afin d'essaimer des terres nouvelles.
Lorsque les fleuves s'écoulaient vers la mer,serpentant entre les montagnes et les plaines.
Lorsque l'oiseau s'envolait à un moment donné pour entreprendre sa migration.
Il était là,nu,malhabile,marchant d'un pas mal assuré en quête de subsistance.
L'Homme d'alors était avant tout un nomade.L'espoir d'un monde meilleur qui devait se trouver au-delà de l'horizon,jusqu'où pouvait porter ses yeux.
Il rêve à ce moment d'être l'aigle victorieux qui plane dans l'azur,le loup qui chasse, le poisson qui remonte à contre courant.
L'ivresse de ces découvertes nouvelles est tempéré par l'inconnu.Car si le présent lui paraît immobile ,il cache un avenir déjà commencé,et chaque instant est la préparation des instants suivants.
Avant toute chose,il souhaite laisser des traces de son passage.Les fresques animalières de Lascaux sont à ce moment un concept nouveau.L'Art du Trait est né.Ce qui peut paraître incroyable et remarquable c'est que cet homme,totalement démuni,si loin de nous ,laisse sa présence entre harmonie et action.
Ces mains à même la roche ,enlacent les notres à travers les siècles.Il touche,palpe ,transforme,reconnait les effluvent qui l'enveloppent.Voit jusqu'aux horizons les plus lointains perçoit le sens de l'infini auxquels il répond sans le secours du Verbe.
Un jour de pluie alors qu'il se penche au-dessus d'une mare pour se désaltérer,les gouttes lui renvoient l'image déformée de son visage en même temps qu'elles le rafraichissent.
Son regard s'élève vers la source et il découvre le ciel en même temps que son esprit formule la première question : "Quest-ce?"
Par cette première interrogation,il prends conscience de lui dans le face à face du miroir.Cette découverte ,est pour lui une révélation.Le fait d'exister.
Nous sommes les héritiers de cet homme,sentinelle avancée de son époque.Ultime instant de survie,il est temps de nous retourner pour contempler le chemin parcouru,car ce voyage commencé lentement,d'un pas mal assuré pourrait bien se terminer dans un second "Bing-Bang".