
Midi
Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d'argent des hateurs du ciel bleu.
Tout se tait.L'air flamboie et brûle sans haleine ;
La Terre est assoupie en sa robe de feu.
L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre,
Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;
La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,
Dort là-bas immobile, en un pesant repos.
Seuls, les grands blés muris, tels qu'une mer dorée,
Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;
Pacifiques enfants de la Terre sacrée,
Ils épuisent sans peur la coupe du Soleil.
(...)
Viens! le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flammme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le Coeur trempé sept fois dans le néant divin.
" Oeuvres poétiques complètes"
Charles-Marie Leconte De Lisle (1818-1894) .

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